Affringues, village paisible au bord de l’eau.
Jusqu’en 1180, Affringues devait se composer de quelques
maisons, fabriquées en bois et en argile, groupées autour du château de
Coeurlu. Peu à peu, le village s’est agrandie. La chapelle est devenue trop
petite et en 1186, l’évêque de Thérouanne a fait ériger la paroisse
d’Affringues
En 1260, Jacques Sire de Renty, de Sempy et d’Embry,
châtelain de Fauquembergues va donner Affringues et Coeurlu en héritage à sa
fille. La commune restera dans la famille. Au fil des années, la seigneurie de
Coeurlu prendra de l’ampleur et Affringues suivra sa trace.
Affringues n’a jamais été dans l’histoire une paroisse à
part entière. Jusqu’en 1787, elle est succursale de Coulomby et à partir de
cette date, elle dépend de la paroisse de Bayenghem les Seninghem.
Lors de la révolution française, le culte public est
interdit, les églises sont fermées ou profanées. Les prêtres sont pourchassés,
emprisonnés, noyés ou guillotinés. Malgré cela, quelques-uns réussissent à se
cacher. Deux prêtres d’Affringues, Les abbés BOUVARD et HOCHART restèrent ainsi
dans la paroisse. Grâce à leur courage, les habitants ne furent pas
complètement privés du secours de la religion.
De nouveaux métiers à Affringues :
Durant le XVIIIème siècle, le village s’est agrandi. La
population va passer de 60 habitants en 1700 à 170 au début du XIXème siècle.
Outre un grand nombre de cultivateurs, de nouveaux métiers apparaissent. Un meunier
travaille au moulin de Mombreux, et un cordonnier s’installe dans le village en
1715. On trouve même un tisserand.
A partir de 1804, les informations sur la commune sont plus
importantes et plus précises. Vers 1850, une fabrique à papier s’installe à
l’emplacement actuel du petit moulin. Fin juillet 1914, elle sera détruite par
les flammes. La famille OUVRIE rachète ce qu’il en reste et y fabrique une
scierie, qui emploie plusieurs villageois.
Le train passait dans le village :
Même si le train ne s’arrêtait pas dans la commune, qui ne
disposait ni de halte, ni de gare, il a quand même marqué les esprits
villageois. Au début des années 1870, la Compagnie du Nord, entreprend les
démarches afin de construire la ligne Saint-Omer-Hesdigneul. Elle sera en
service le 1er juin 1874 et desservira les gares de Arques,
Blendecques, Wizernes, Esquerdes, Lumbres, Nielles les Bléquin, et d’autres
encore jusqu’à Hesdigneul.
Cette ligne traversait Affringues sur 2300 mètres jusqu’en
1968, où toute circulation ferroviaire fut neutralisée pour des raisons
économiques. Dès sa mise en service pourtant des hommes du village avaient
travaillé au chemin de fer. Il y avait des cantonniers qui travaillaient sur la
voie, un garde-barrière, qui manœuvrait les barrières du passage à niveau.
Les trains étaient comme un repère. Ils donnaient une idée
de l’heure qu’il était ou du temps qu’il ferait selon qu’on l’entendait au loin
ou pas.
Le 26 juillet 1952, un regrettable accident est venu
cependant souiller l’idyllique image du progrès. Un agriculteur du village
revenait des champs en tracteur vers 19h30 et crut avoir le temps de passer
avant le train qui descendait de Nielles les Bléquin vers Lumbres. Mais le
tracteur fut percuté par la locomotive et ses débris jonchèrent la voie sur 200
mètres. Le docteur TREZEGUET, dépêché sur place, ne put que constater le décès.
Affringures victime du temps :
Outres les deux guerres qui ont touché la France du XXème
siècle sans épargner Affringues qui perdra cinq jeunes gens, la commune a connu
d’autres drames.
En septembre 1903, une terrible tempête s’abat sur la façade
ouest de la France. Les vents les plus violents ont soufflé dans la nuit du 11
au 12 septembre. Cet ouragan, pressenti par les météorologues a surpris tout le
monde par son intensité.
Alors qu’à Boulogne sur Mer, des bateaux chavirent et des
vagues d’une ampleur sans précédent envahissent la ville, Affringues compte ses
arbres déracinés, ses tuiles envolées et ses meules de foin disparues des
champs.
Quelques décennies plus tard, en 1936, c’est un orage qui
éclate et fait de nombreux ravages. Tout a commencé le 10 août 1936, vers 17
heures. Dans la matinée, le soleil lourd donne à toutes choses une teinte
irréelle. Soudain, en fin d’après-midi, éclairs et coup de tonnerre se
succèdent sans interruption. La pluie se met à tomber avec violence. Les éléments se déchaînent et cela
durera toute la nuit. Chacun chez soi veille et attend avec angoisse le
prochain impact. Beaucoup d’arbres seront déracinés, fendus ou brisés. Dès le
lendemain, la rivière sortira de son lit, inondant les maisons situées sur sa rive.
Une histoire d’eau :
Jusqu’en 1945, 23 puits étaient en activité dans la commune
d’Affringues. La plupart d’entre eux avaient été creusés entre 1800 et 1900.
Après la seconde guerre mondiale, certains puits ont été rebouchés, d’autres
équipés de pompes manuelles ou électriques.
Tous les puits étaient situés à proximité des habitations,
pour être plus fonctionnels. La construction d’une maison ne commençait pas
tant que le puits n’était pas creusé.
On distingue deux types de puits parmi ceux recensés dans la
commune. Le puits dit « de surface » dont le percement ne prenait
que quelques jours, était situé dans un endroit où la nappe phréatique est
proche du sol. Le deuxième type de puits est le puits « profond ».
Son creusement représentait un travail plus impressionnant, qui pouvait durer
plusieurs semaines.
Dans le village, la profondeur des puits variait entre 2,50
mètres et 12 mètres. Le puits était le seul moyen d’avoir de l’eau à proximité.
Même si l’on n’imagine plus très bien comment il pouvait en être autrement, tant
c’est facile de tourner un robinet. Il ne faut pas oublier qu’avant l’eau
puisée à la source, était utilisée avec parcimonie. Les puits seront en
activité et indispensables jusqu’en 1969, date à laquelle le réseau d’eau
potable est opérationnel dans le village.
Affringues d’aujourd’hui :
Deux événements plus heureux ont aussi marqué la commune.
Dans des temps plus récents, les Affringuois ont reçu le ministre de
l’éducation nationale, venu féliciter en personne Virginie FORESTIER, première
bachelière de France avec 19,60 de moyenne.
C’était le 1er septembre 1994, et l’on en parle
encore. Cette démarche soulignait la portée hautement symbolique d’une telle
réussite : éloge de l’effort, succès de l’enseignement en milieu rural,
valorisation de toute une région…
Ces dernières années de nombreux travaux ont été effectués
dans la commune. Un parking a été conçu sur la place, un terrain de tennis a
été construit. La mairie et le parvis de l’église ont été rénovés. Des travaux
de voiries sont toujours en projet, même si en 2001 ont déjà inaugurés les
chemins départementaux 202 et 205, ainsi que la route de Bayenghem les
Seninghem.
Texte de Cécile RAULT indépendant du 21 décembre 2001.