dimanche 12 mai 2019

le 9 mai 2019 de la clinique de St Omer au champ de course de Longuenesse

Vidéo :



Les marcheurs :

Fabienne

Nadine

Monique

Colette

Zéki notre guide

Christiane

Marc
Nous débutons la balade au parking de la clinique de Saint Omer.

Clinique de Saint Omer




 Zéki, notre guide, a choisi de nous faire découvrir le plateau de la Bruyère pour un parcours de 13 km.
A la sortie de la clinique, nous prenons à notre gauche, la rue Christian Cabrol et suivons un petit bout de macadam, aménagé pour les marcheurs et les bicyclettes.




Nous empruntons un chemin de terre sur notre gauche et prenons de la hauteur en direction des fonds cailloux.




 Sur le bord du chemin, des bleuets, seules notes colorées dans ce paysage, nous surprenent.



A la sortie du chemin, nous tournons à droite et longeons le cimetière militaire de Longuenesse puis à l'intersection, nous prenons à gauche.



Lors de la Première Guerre mondiale, les victimes qui travaillaient à l’aérodrome furent enterrées dans ce cimetière militaire tout près de celui du village de Longuenesse. Si vous n’avez jamais visité de cimetière de la Première Guerre ou de la Deuxième Guerre mondiale, c’est une expérience très touchante. Les tombes et les allées sont impeccablement tenues en hommage aux combattants. Il existe également de nombreuses tombes de soldats de différentes nationalités tombés lors de la Deuxième Guerre mondiale.
 
Le Cimetière Militaire de Longuenesse




Ce qui rend ce cimetière légèrement différent de la majorité des autres sites, ce sont les sépultures chinoises, allemandes sud-africaines, indiennes, polonaises et tchécoslovaques (un mélange de WW 1 et WW2) ainsi que les Britanniques, Canadiens, Australiens et NZ. L'armée, la RN et la force aérienne sont tous présents, de même qu'une tombe de la marine marchande. Enfin, des tombes pour un certain nombre de membres des sépultures de guerre du Commonwealth y compris des femmes y figurent
 


Nous traversons au passage pour piétons et nous prenons à droite le sentier des cigales. Ce sentier nous enchante par son côté calme et les jolies petites maisons.






Le château des Bruyères appartenait à la famille Deschamps de Pas, puis à M Lansel qui n'y habita jamais.
Il a été occupé par l'armée allemande pendant la 2e Guerre mondiale puis laissé à l'abandon
Dans les année 1970, le terrain avec ce château en ruines a été acheté .
Une nouvelle maison a été construite sur les fondations de ce château


Le château des Bruyères
(photo de Michel Duthilleul)



Ce petit sentier nous conduit Rue du Château de la Cote que nous descendons un court moment avant de tourner à gauche.


  Cette petite portion de ruelle est particulièrement intéressante car on n'imaginera pas que tout au bout se trouve l'entrée d'un bois.


Aprés avoir passer le tourniquet, nous découvrons une petite forêt.



Le sentier serpente sous le couvert d'une forêt dense.



Au fur et à mesure que nous avançons, la pente devient plus douce et moins boueuse.





En regardant bien, il est possible d'apercevoir dans le sous-bois, quelques belles clochettes blanches, synonyme d'arrivée des beaux jours mais comme nous respectons la forêt nous ne les cueillerons pas. Aussi pour le plaisir des yeux, je vous mets des photos de ces belles fleurs blanches.


Muguet sauvage
Attention, ne pas confondre avec le seau de Salomon.


Le sceau de Salomon ou Polygonatum biflorum
 Le sceau de Salomon est protégé par l'Office National des Forêts (ONF). Attention, ses petites boules noires sont très toxiques.

Nous arrivons au plateau des Bruyères. Ce plateau nous réserve de belles surprises, comme l'aérodrome de St Omer-Wizernes. 







Cet aérodrome pourrait facilement passer inaperçu aujourd’hui. Pourtant si l’on retourne cent ans en arrière, c’est là que se trouvait la plus importante base aérienne britannique lors de la Première Guerre mondiale. Plus de cent vols auraient été effectués par jour, à l’époque. 

Il a joué un rôle considérable tout au long de la  Guerre. Car ici, dès septembre 1914, un premier avion britannique atterrit... le premier d'une longue série.
Très vite, c’est toute l’aviation britannique, le « Royal Flying Corp » qui va s’installer sur ce fameux plateau des Bruyères.
Fondé en 1912 par le roi George V, la formation est modeste : 4 escadrons, moins de 200 appareils. Au début du conflit, ces avions traversent la Manche. Ils effectuent des premiers vols de reconnaissance lors des batailles de Mons en Belgique et de la Marne. Il s’agit de prendre des photos destinées ensuite à guider l’artillerie.
Le plateau des Bruyères devient non seulement une base aérienne mais aussi le Quartier Général du Royal Flying Corp. Pendant 4 ans, ce sera le pivot central de cette armée de l’air naissante. Un lieu de transit pour les escadrons se rendant  sur d’autres bases, une école de formation pour les pilotes, un support logistique indispensable. L’aérodrome comptera jusque 4000 hommes. Il sera le plus grand terrain d’aviation britannique sur le sol français.

 Au printemps 1916, le Grand Quartier Général Britannique quitte Saint-Omer trop exposée, les aviateurs eux resteront. A la fin de la guerre, en 1918 le « Royal Flying Corp » deviendra la célébrissime RAF, la Royal Air Force. Et ce sera devenue effectivement une force conséquente avec 3000 officiers Et 22 000 avions, 100 fois plus qu’en 1914.

 
Aérodrome en 1910

(photo de Michel Duthilleul)


Aérodrome en 1910

(photo de Michel Duthilleul)

Aérodrome en 1910

(photo de Michel Duthilleul)
Un monument commémore cet épisode de l’histoire. 








https://www.youtube.com/watch?v=jpxeeYUKjIw

A travers l’adversité jusqu’aux étoiles devise de la R.A.F.

L'aérodrome des Bruyères accueillait en 1910 l'un des tout premiers spectacles aériens. Durant trois jours, plus de 100 000 personnes assistaient aux démonstrations de Jullerot, Thomas et Mollien . Ce dernier est le premier " homme-oiseau " à survoler St-Omer sur son monoplan Blériot.

 Ci dessous, c'est une maquette à l'échelle 1, mais qui est en parfait état de fonctionnement. Il est le premier avion utilisé par les Anglais en 1914, pour des missions, au départ, de reconnaissance. L'exposition a eu lieu du  9 juin au 30 septembre 2018 à la Chapelle des Jésuites. C'est un avion très léger, très maniable et stable.  
Cet avion témoigne donc du rôle joué par Saint-Omer, dans les premières batailles aériennes. Il y a 100 ans, la Royal Air Force, l’armée de l’air britannique, est née à Saint-Omer, et plus particulièrement à l’aérodrome des Bruyères. Avec leurs avions, les Anglais étaient chargés de défendre le nord de la France, avec donc des Blériot, au début en 1914.

Cet avion un Blériot XI, une reproduction de celui qui a traversé la Manche avec L. Blériot (Photo de Michael Paul)
Avec sa magnifique hélice en bois, ses ailes en toile et son armature fragile, il semble bien frêle
(Photo de Michael Paul) 

 https://www.aerobuzz.fr/culture-aero/saint-omer-berceau-de-la-royal-air-force/



Article de la Voix du Nord le 10 mars 2018

Le célèbre 16 Escadron de la Royal Air Force Britannique s’était installé à l’aérodrome
des Bruyères durant la première Guerre Mondiale. Cet escadron a été dissous il y a dix
ans à l’heure de souffler ses 90 bougies. Selon l’usage, son étendard a été alors remis à
l’église de la ville où il a été créé, en l’occurrence à la cathédrale de Saint-Omer. Depuis
lors, il ornait une des chapelles sud de la cathédrale.


La Royal Air Force à la Cathédrale de Saint Omer

Mais ce n'est pat tout, je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, il s'agit du moulin des Bruyères ou Moulin Gabrielle :
Il fut construit par Gabriel Grébert (maçon et menuisier) en 1895 sur le plateau des Bruyères. Il fonctionna jusqu'en 1911. A la fin du mois de Mai 1940 les Allemands le font sauter car il est trop près de l’aérodrome militaire Nazi.



le moulin des Bruyères (photo de Pépé Philippe Ferey)
photo de Pépé Philippe Ferey

photo de Pépé Philippe Ferey

photo de Pépé Philippe Ferey
L'accès aux pistes d'envol étant interdites, nous contournons l'aérodrome en longeant la route en file indienne puis nous coupons à travers champ en direction de l'hippodrome de Saint-Omer.  Le champ de course se trouve dans un vaste espace verdoyant, en pleine campagne, et tout prés de l'aérodrome.



Pas de chevaux à l'horizon, aussi nous en profitons pour emprunter la piste ensablée.



 Face à nous c'est la prison de Longuenesse mais le circuit hippique nous conduit à la déchèterie de Longuenesse.


Maison d'arrêt de Longuenesse

Déchèterie de Longuenesse


Un petit chemin longe la grille et nous permet de contourner l'aérodrome.


Au loin, nous apercevons l'aérodrome avec sa piste et son hangar.


Le hangar H2 en ossature métallique et revêtement en bois a été construit en 1942 par l’armée allemande. Il a fait l’objet d’une remise en état en 1960 aux frais communs de l’État et de la ville de Saint Omer. 
http://www.wikipasdecalais.fr/index.php?title=A%C3%A9rodrome_de_Saint-Omer_Wizernes




L'aérodrome commence à disparaître. Les maisons de Wizernes se profilent à l'horizon.



Une photo au milieu de ce beau cadre serait idéale aussi c'est le moment de réunir la troupe.







Dans la rue des Genêts, des paddocks ont été aménagés pour laisser les chevaux en liberté. En plus d'un élevage des chevaux c'est également une pension.



Nous continuons notre chemin dans la Rue des Bleuets et prenons un petit sentier sur la droite et continuons à travers les champs.





Fleurs de Colza


A mi-parcours nous ferons une pause.



Le chemin empierré devient plus herbeux et légèrement vallonné.






Nous quittons le chemin agricole et l'on débouche de nouveau sur le plateau des Bruyères.


Nous passons à côté de la piste BMX.


Nous terminons la boucle à l'aérodrome de St Omer où des touristes tchécoslovaques ont eu la gentillesse de nous prendre tous en photo.


C'est à partir de la piste d'envol que nous reprendrons le chemin de retour.



Les Photos :

Pour ceux qui s'intéressent à l'histoire de St Omer : (Cela provient du livre de Raymond Dufay 1940- 1944)
Les Bombardements dans l'Audomarois


 









“ Histoire d’un brin de muguet ”
"Voici un poème écrit par un homme pour son épouse il y a plus de 50 ans.

 Ils nous ont tous les deux quittés depuis"



Depuis plus de quatre ans que je suis prisonnier.
Mes jours heureux, sont, quand je reçois du courrier.
Les lettres sont pourtant presque toujours les mêmes.
Je suis en bonne santé, te souhaitant de même.
Puis invariablement pour terminer, toujours.
Je conserve l’espoir de ton prochain retour.

Mais, dans un coin d’une lettre que j’ai reçue.
Un petit brin de muguet y était cousu.
Vraiment, c’est enfantin d’envoyer ce muguet.
Je pourrais en avoir, ici, tout un bouquet.
Qui ne serait pas fané comme celui-ci !

Dans les bois allemands, le muguet pousse aussi.

Et, comme pendant un moment, je restais là.
Soudain, le petit brin de muguet me parla.

- Excuse, me dit-il, si j’ai triste figure.
Pourtant, si tu savais, j’étais beau je t’assure.
Tu as l’air d’en douter, tu ne veux pas me croire ?
Je vais, pour te convaincre, conter mon histoire.

D’abord, j’ai vu le jour là-bas, très loin d’ici.
C’est sur le sol français qu’un matin j’ai fleuri.
A l’ombre des grands bois, au milieu d’autres fleurs.
J’ai vécu, sans savoir que c’était le bonheur.


Je buvais, le matin, la rosée bienfaisante.
Je puisais dans le sol, nourriture abondantes.
Je voyais, le ciel bleu, la lune ou les nuages.
Je voyais, le soleil à travers le feuillage.
C’est lui qui me chauffait de ses rayons ardents.
Ainsi, rapidement, j’ai pu devenir grand.

Comme il faisait bon, comme tout était beau.
Nous avions chaque jour, le concert des oiseaux.
Tu as dû, toi aussi, l’écouter, autrefois.
N’est-ce pas, qu’il faisait bon vivre dans ces bois ?

J’aurais dû ne jamais rien désirer de plus.

Pourtant je subissais l’attrait de l’inconnu.
Je pensais que peut-être, je serais cueilli.
Comme porte-bonheur, et j’en étais ravi.

Une dame, en passant, devina mon désir.
S’approchant doucement, elle vint me cueillir.
Me prenant dans sa main, avec d’autres muguets.
Nous formions à nous tous, un superbe bouquet.
Qu’auprès de son visage elle approchait souvent !
Humant notre parfum tout en nous contemplant.

Chez elle dans un vase à demi rempli d’eau.
Pour conserver longtemps ce muguet frais et beau.

Nous avons parfumé ce qui nous entourait.
Dans cet appartement coquet, je me plaisais.

Mais quand, le lendemain, parmi les plus jolis.
Qu’elle avait mis à part, c’est moi qui fût choisi.
J’étais heureux et fier d’être le préféré.
J’entrevoyais, pour moi, l’avenir tout doré.
Puis au coin de la lettre, où je suis maintenant.
La dame m’a placé, cousu, soigneusement.
Avec des gestes tendres, n’osant m’effleurer.
Tout comme si j’étais une chose sacrée.

Puis elle contempla ce travail achevé.

Vérifiant pour que rien ne soit détérioré.
Alors en se penchant, je m’en souviens toujours.
Elle me donna pour toi, un doux baiser d’amour.
En me murmurant, va, toi, qui porte-bonheur.
Va, donner ce baiser à l’élu de mon cœur.
Qui, dans les barbelés dont il est entouré.
Est privé de caresses depuis des années.

Ainsi dans la lettre pliée, je suis parti.
Mais, tu peux savoir tout ce que je souffris.
Depuis ce moment pour arriver jusqu’à toi.

Le tampon des postiers m’écrasa maintes fois.

Je fus aussi jeté, bousculé, rejeté.
Écrasé sous de lourdes piles de paquets.
Je suis resté des jours, peut-être des semaines.
Entassé dans des pièces sombres et malsaines.
Mon parfum s’échappait par toutes mes blessures.
Vingt fois, j’ai cru mourir, mais j’avais la vie dure.

J’ai cru aussi deux fois que j’étais arrivé.
La lettre, brusquement, se trouva dépliée.
Mais c’était fait par des personnes étrangères.
Qui ont lu, et relu, ta lettre toute entière.
Devant tant d’indiscrétion, j’étais indigné.

Pourtant je dois te dire que nul ne m’a touché.
Avec le doux baiser que j’ai reçu chez toi.
J’ai conservé un reste de parfum pour toi.

Mais, tu es impassible. Me suis-je trompé ?
N’est-ce donc pas à toi, que j’étais adressé ?
Pourtant, j’en suis certain, là-bas, sur le buffet.
J’ai vu, ta photo, près du bouquet de muguet.

Sur ce, le brin de muguet, cessa de parler.
Et moi, un peu confus, je m’en suis approché.
C’est vrai, que du parfum s’en exhalait encore.
Non pas, le doux parfum de fleur qui vient d’éclore.

Cependant cette odeur m’a quelque peu grisé.
Le papier de la lettre en était imprégné.
Et sur mes lèvres, j’ai senti, il m’a semblé.
Recevoir la caresse de ma bien aimée.
J’en étais tout ému, je ne puis l’expliquer.
Aussi c’est bête, voyez-vous, mais j’ai pleuré !


Pierre Julien


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